Société

Gabon : les éco-gardes haussent le ton face aux salaires impayés, la menace d’une paralysie des parcs se précise

Au Gabon, la colère gronde parmi les éco-gardes, ces agents chargés de la surveillance des parcs nationaux et de la protection de la biodiversité. À Libreville, leur situation sociale se dégrade à mesure que s’accumulent les arriérés de salaires, atteignant pour certains jusqu’à neuf mois d’impayés. Une crise qui fait désormais planer le spectre d’un mouvement de grève aux conséquences potentiellement lourdes pour la conservation.

Le 20 avril 2026, le secrétaire général du syndicat des éco-gardes, Sosthène Ndong Engonga, est monté au créneau pour dénoncer l’inaction des autorités face à leurs revendications. Malgré plusieurs démarches engagées, aucune avancée significative n’aurait été enregistrée. « Certains agents cumulent plusieurs mois sans salaire, parfois jusqu’à neuf mois. Une telle situation n’est plus tenable », a-t-il alerté, évoquant une précarité croissante au sein des effectifs.

Au cœur des frustrations figure également le manque de communication avec l’administration de tutelle. Les représentants syndicaux déplorent l’absence d’interlocuteurs capables de fournir des explications claires sur les retards de paiement. Une opacité qui pousse désormais les agents à se tourner vers le Trésor public pour tenter d’obtenir des informations, sans garantie de réponses concrètes.

Face à cette impasse, les éco-gardes en appellent directement aux plus hautes autorités de l’État. Ils rappellent notamment les engagements pris en faveur de leur intégration à la fonction publique, une mesure qui, selon eux, permettrait de sécuriser durablement leurs conditions de travail et de rémunération.

Mais l’heure n’est plus seulement aux revendications. Le syndicat brandit désormais la menace d’un arrêt de travail imminent si aucune solution n’est trouvée dans les plus brefs délais. Une telle mobilisation pourrait entraîner la fermeture des 13 parcs nationaux du pays, exposant ces espaces protégés à une recrudescence du braconnage et des activités illégales. « Sans présence sur le terrain, les parcs deviennent vulnérables », préviennent les agents.

Ce bras de fer social n’est pas inédit. Ces dernières années, les éco-gardes ont à plusieurs reprises eu recours à des mouvements de grève pour faire entendre leurs doléances, notamment en 2021, 2022 et 2024. À chaque fois, la question des salaires et des conditions de travail était au cœur des tensions, révélant une crise structurelle qui peine à trouver une issue durable.

Aujourd’hui, au-delà de la détresse des agents, c’est toute la politique de préservation environnementale du Gabon qui se retrouve fragilisée. Dans un pays reconnu pour la richesse de sa biodiversité et l’étendue de ses aires protégées, la dégradation des conditions de travail des éco-gardes pose une question cruciale : peut-on efficacement protéger la nature sans garantir la stabilité de ceux qui en sont les premiers défenseurs ?

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